Les bretonnismes: « Ruser ses pieds »

Ce n’est pas du tout le sens du français « ruser » mais du verbe breton ruzãn francisé et signifiant, tout à la fois : traîner, frotter, glisser en faisant du bruit. Ce n’est donc pas surprenant que l’on ait francisé ruzãn, plus concis, plus expressif. Un ruz-boutoù est un traîne-savates. Partir en ruzok a pris un sens différent : c’est filer en douce, en catimini, à l’abri des regards indiscrets.

Tirer à la ruzok, c’est comme le font les petits joueurs de pétanque, attraper (enlever) la boule de l’adversaire en roulant, comme au jeu de quilles, au lieu de poker en plein dessus comme ceux qui sont des tireurs barrek.

A propos de ruser, on m’a assuré que, dans les années 50, un élève léonard fut puni pour avoir justement traîné les pieds bruyamment en entrant dans la classe. Son instituteur lui colla comme punition, à copier cent fois  » je ne ruserais plus mes pieds dans le couloir » ! Dans cette phrase, non seulement le verbe mais aussi l’emploi de l’adjectif possessif sont calqués sur le breton. Les profs baignaient aussi dans cet environnement bretonnant jusqu’aux aux années 60.

Les Bretonnisme d’Hervé LOSSEC

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