L’environnement à Audierne

L’ENVIRONNEMENT DE LA COMMUNE  D’AUDIERNE

Colette CLOAREC août-septembre 2016

Les dunes

L’écosystème

La dune de la grande plage, août 2016

La dune de la grande plage, août 2016

Par définition, une dune littorale est une formation d’accumulation sédimentaire fixée par des végétaux psammophiles. Pour faire plus simple, elle se trouve en bord de mer et se compose de sable où poussent des végétaux adaptés à ce substrat. Substrat instable en raison des marées, du vent, des tempêtes et pauvre en éléments nutritifs, soumis à de forts écarts thermiques en surface et à une migration rapide de l’eau en profondeur.

 

liseron des sables

Liseron des sables

Pour s’y développer, les plantes pionnières de la dune présentent des caractéristiques : leur système racinaire s’étale sous la surface pour mieux récupérer l’eau et elles peuvent ainsi retenir le sable. Ces plantes sont peu exigeantes en substances nutritives et supportent assez facilement le dessèchement, l’ensablement et les embruns salés. Souvent des rhizomes ou des stolons s’allongent pour former de nouveaux pieds. C’est le cas du liseron des sables (Calystegia soldanella).

Oyat

Oyat

Le cas de l’Oyat (Ammophila arenaria) est emblématique : introduit par l’Homme pour fixer les dunes des Landes de Gascogne, c’est une Graminée capable de supporter les embruns, l’aridité du sol et qui peut résister à la sécheresse en enroulant ses feuilles. Elle donne de nouveaux pieds par ses rhizomes. Plante pionnière, elle permet l’installation des autres plantes.

Parmi les nombreuses plantes des dunes d’Audierne, citons la Giroflée des dunes, le Coquelicot, le Pavot jaune des sables, la Lagure ovale, l’Orchis pyramidal, le Panicaut de mer, l’Euphorbe maritime, le Fenouil, le Liseron des sables, la Criste marine, le Réséda, le Gaillet des sables, la Laîche des sables.

 

Anacamptis pyramidalis

Anacamptis pyramidalis

Eryngium maritimum

Eryngium maritimum

Lagurus ovatus

Lagurus ovatus

Euphorbia maritima

Euphorbia maritima

Galium arenarium

Galium arenarium

Crithmum maritimum

Crithmum maritimum

Les descentes de plage sont bordées d’arbustes, principalement fusains et tamaris, il serait bon de les tailler et  de dégager le sable qui envahit périodiquement les marches en bois !

Fusain et tamaris

Fusain et tamaris

Tamaris

Tamaris

Rôle écologique

Les plantes pionnières jouent un rôle fondamental en assurant le dépôt, la fixation et la stabilisation du sable. Lors des tempêtes hivernales comme en janvier 2014, les dunes constituent une réserve de sable face à l’érosion causée par les vagues : le sable prélevé remontera normalement lors des périodes de calme sous l’action de la houle et sera à nouveau rapidement colonisé par ces plantes.

Janvier 2014

Janvier 2014

Eté 2015

Eté 2015

Les plantes envahissantes de la dune

Les dunes d’Audierne sont confrontées à des plantes  qui malheureusement se développent très rapidement au détriment de la flore des dunes et réduisent ainsi la biodiversité.

 

La Ravenelle (Raphanus raphanistrum)

Elle est de la famille des Choux (Brassicaceae). Elle possède une longue racine (le pivot) qui s’enfonce profondément dans le sol. Elle ne contribue donc pas à fixer le sable et sécrète des substances toxiques pour les autres plantes. Elle fleurit du début du printemps à la fin de l’été et produit de nombreuses graines. Elle envahit les dunes depuis le Raoulic jusqu’à l’embarcadère de Sainte Evette,

La ravenelle

La ravenelle

La ravenelle arrachée

La ravenelle arrachée

 

 

 

 

 

 

 

 

La clématite des haies (Clematis vitalba)

Fenouil, vigne-vierge et clématite dans le jardin Queinnec

Fenouil, vigne-vierge et clématite dans le jardin Queinnec

De la famille des Renonculacées (Ranunculacaea) c’est une liane vivace aux tiges vigoureuses et ramifiées. Elle se développe rapidement et produit des fruits dispersés par le vent. On la trouve sur les dunes de la petite et de la grande plage.  Facilement disséminée, elle se propage un peu partout et envahit aussi les jardins plus ou moins entretenus (ancienne école maritime, jardin des Quéinnec, Résidence Goélia, jardin M. Fenoux, les Capucins, jardin de la rue de l’amiral Guépratte …)

Ancienne école maritime

Ancienne école maritime

Jardin rue Saint-Saens

Jardin rue Saint-Saens

 

 

 

 

 

 

 

La Vigne vierge vraie (Parthenocissus quinquefolia)

De la famille des Vitacées, c’est aussi une liane à tige robuste et au développement rapide. Ses fruits toxiques pour les Mammifères sont consommés en hiver par les Oiseaux. On la trouve sur la dune des deux plages et elle gagne du terrain en direction des quais aux dépens de beaux végétaux comme le chèvrefeuille, la bourrache.

L’Olivier de Bohème (Eleagnus angustifolia)

C’est un arbuste de la famille des Elaeagnaceae, sa croissance est rapide et il peut atteindre 10 à 12 m de hauteur. Il fleurit en mai et juin, ses fleurs sont très odorantes, ses fruits comestibles. Considérée  aux Etats-Unis comme une espèce invasive, elle se reproduit par drageonnage ou marcottage : certaines tiges s’enracinent spontanément au contact du sol pour former de nouveaux plants. Il se développe exagérément sur la dune de la grande plage.

Olivier de Bohème

Olivier de Bohème

Olivier de Bohème

Olivier de Bohème

 

 

 

 

 

 

 

Un pin maritime (Pinus pinaster)

Pin maritime

Pin maritime

Il a été décapité mais est en train de former de nouvelles feuilles sur la dune de la grande plage. Les arbres n’ayant pas droit de cité sur une dune, il devrait être éliminé.

Une descente de plage pour handicapés doit être réalisée. Des ganivelles en haut de la grande plage restent le moyen le plus sûr pour fixer le sable.

Comment agir

Sur les dunes, la solution est de détruire ces plantes envahissantes, non pas par fauchage qui permet un développement plus rapide de la plante, comme dans le cas d’une haie (plus on la taille, plus elle développe de nouvelles branches), mais par arrachage manuel et mécanique. Cela  nécessite des équipes motivées et une aide technique pour l’arrachage des racines (Clématite et Olivier de Bohème surtout). Il est indispensable que les services municipaux incluent ce travail dans leur emploi du temps. C’est bien d’entretenir les jardins publics exotiques, les bacs à fleurs sur les quais (il serait bon d’éviter les plantes piquantes) mais il ne faut pas négliger l’environnement naturel de la commune. Une motivation de la population est aussi primordiale, par le biais de certaines associations (Cap Accueil par exemple) mais aussi par une information (quotidiens, Audierne info, bulletin municipal, réunion d’information …) débouchant sur une action collective et régulière tout au long de l’année – bien sûr – quand la météo finistérienne le permet !

 Ce travail fastidieux doit être fait en fonction du cycle de vie de chaque plante. Ex : pour la Ravenelle, avant la transformation des fleurs en fruits en prenant garde d’éliminer rapidement les pieds arrachés à la déchetterie (chez nous à Nantes, on dit à la jaille).

Une première opération a eu lieu en juin 2015 et une deuxième en juillet 2016. Une dizaine de volontaires ont fait un bon travail d’arrachage. Chaque année, le chien Toven est fidèle au poste!

En septembre, de trop nombreux pieds de Ravenelle sont encore présents un peu partout sur les dunes, depuis le Grand Large jusqu’à l’embarcadère de Sainte Evette, certains encore en fleurs.

Juin 2015

Juin 2015

Juillet 2016

Juillet 2016

Autres plantes envahissantes dans la commune

Le Lierre (Hedera helix)

Le lierre

Le lierre

Encore une liane, de la famille des Araliaceae. Elle forme des tiges rampantes sur le sol ou grimpantes de taille indéfinie. Les fruits sont toxiques mais sont mangés par les passereaux à la fin de l’hiver. Elle envahit tous les terrains (le plus bel exemple est peut-être celui des murs des Capucins !)

 

 

La Renouée du Japon  (Reynoutria japonica)

C’est une plante classée  comme invasive qui commence à se développer dans certains endroits comme rue de Kerguélen, rue de Kergadec et devient rapidement envahissante. Il est très difficile de s’en débarrasser, ni le fauchage ni l’arrachage n’en viennent à bout car de petits fragments de racines redonnent des pieds. Le bâchage des souches pendant 2 ou 3 ans avec un plastique noir peut l’éradiquer.

Rue de Kerguelen

Rue de Kerguelen

Rue de Kergadec

Rue de Kergadec

Les particuliers doivent aussi proscrire des végétaux parfois décoratifs à planter dans leur jardin : l’Herbe de la Pampa, les griffes de sorcière, l’arbre aux papillons (qui prospère à sainte Evette), quoiqu’esthétiques, deviennent vite envahissants et se disséminent facilement d’un jardin à l’autre. Il ne faut plus les acheter en jardinerie.

 

Il paraît indispensable également d’astreindre chaque propriétaire, d’un geste citoyen, à entretenir ses murs extérieurs en les débarrassant du lierre, de la clématite, des branches qui débordent et à nettoyer son bout de trottoir. Les chiens adorent laisser des souvenirs sur les mauvaises herbes qui y poussent ! Cela permettra aux services municipaux d’être plus disponibles pour d’autres tâches.

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2 Responses

  1. Bravo à toi, Coco, j’ai appris plein de choses intéressantes ! Jean-pierre de Nantes.

  2. PAUME jean claude dit :

    Reportage très complet et instructif;
    Concernant la photo montrant le jardin « Queinnec », il est désormais la propriété du promoteur  » Giboire  » qui a construit la résidence  » Les Marines  » située de l’autre côté de la route. L’entretien n’est pas fait régulièrement, uniquement lorsque la mairie adresse un courrier au propriétaire…

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