La famille Fenoux-Partie 2

Un Fenoux peut en cacher un autre

Michel BESCOU, Musée maritime d’Audierne
Christian BOLZER, Centre de généalogie du Finistère

Carte Marine

Carte Marine

Durant la révolution et le premier empire, pendant plus de vingt ans, Barthélemy Alexandre Fénoux eut un rôle très actif au sein de la petite communauté audiernaise. C’est ainsi que lors de la création de la garde nationale  d’Audierne, le 15 novembre 1789, il est nommé lieutenant de la 3ème compagnie. Le 31 janvier 1791, il fait partie des 73 citoyens actifs qui se réunissent et élisent Monsieur Dumanoir, premier maire d’Audierne. Le 1er mai 1791, il est nommé avec dix neuf autres citoyens, commissaire de la ville d’Audierne, puis le 13 novembre officier municipal (en ces temps troublés, on se réunissait et on élisait beaucoup, il est vrai que les lois foisonnaient). Le 14 juillet 1792, alors qu’il est directeur des postes à Pont-Croix, il  s’y rend pour représenter Audierne à la fête de la patrie. Tandis qu’il était receveur des devoirs*, la ville sollicita auprès du département qu’il fût nommé receveur des douanes. Pour justifier sa demande, le maire d’Audierne écrit à son propos : « …son mérite personnel, onze années de travail et sa nombreuse famille lui donnent des droits incontestables… ».

Le 9 décembre 1792, il est réélu officier municipal (le conseil municipal élu par soixante-seize membres actifs* comprenait le maire, le procureur, six officiers municipaux et douze notables).
La loi du 20 décembre 1792 ayant décidé que, pour circuler dans le pays, les citoyens devaient être en possession d’un certificat de résidence, le premier certificat établi à Audierne fut celui de Barthélemy Alexandre Fénoux. En voici les termes :

« Nous soussignés Maire, officiers municipaux et membres du conseil général de la commune d’Audierne, district de Pont-Croix, département du Finistère, sur la demande qui a été faite par le citoyen Alexandre Fénoux, ancien receveur des devoirs à Audierne, né à Bazouges La Pérouze, département de l’Isle et Vilaine le 11 février 1762, fils de du cit.René, maître en chirurgie, et de la citoyenne Marie Auger. Certifions, sur l’attestation des citoyens ci-après nommés, savoir : Yves Calloch, Charles Louis Vaultier, Jacques Donnard, Yves Riou, Guillaume Dumanoir, Michel Riou, Michel Henry Riou et Jean Quillivic, des citoyens demeurant séparément en la ville d’Audierne, chef lieu de canton, paroisse d’Esquibien, certifions que le citoyen Fénoux, âgé de 31 ans, haut de cinq pieds deux pouces, visage plein, yeux gris, nez aquilin, bouche grande, front voûté, cheveux et sourcils châtains, menton rond, demeure sans interruption depuis 5 ans dans la succursale d’Audierne, dite paroisse d’Esquibien, en foi de quoi nous avons délivré le présent certificat audit Fénoux, en présence du certifié et des huit citoyens certifiants, qui ne sont, à notre connaissance et suivant l’affirmation qu’ils ont faite devant nous, parents, alliés, fermiers, domestiques, créanciers, débiteurs ni agents du certifié,
Signé tant sur le registre des Délibérations et acte de la commune d’Audierne ».

( notons au passage que nos citoyens de fraîche date, sans souci de séparation d’Eglise et d’Etat, se réfèrent dans le même document tant à la paroisse qu’à la commune superposant ancienne et nouvelle structure qui en l’occurrence ne se recouvrent pas).
En mars 1793, il est membre du comité de surveillance adjoint au citoyen Maubras (sa fille Yvonne épousera Amable Fénoux) pour vérifier et contrôler l’arrivée et le départ des courriers de la commune.

La  20 septembre 1793, il est nommé commissaire de la ville et prête serment le 28. le 23 septembre, « lez conseil décide en outre de confier au citoyen A.B.Fénoux jouissant de l’estime générale, d’un civisme et d’une probité connus, les rentes, la garde et la manutention du grenier de la République qui doit s’établir dans cette commune ».
Le 10 novembre 1793, il est élu secrétaire du comité de surveillance. Les douze membres de ce comité font serment de « maintenir la liberté, l’égalité, l’unité et l’indivisibilité de la République ou de mourir en les défendant ».

Le 15 mai 1799, il est nommé secrétaire de mairie à Audierne avec la solde de 400 francs par Famille Fenoux – Audierne.

Le 7 mai 1808, il est receveur de la commune et par arrêté du préfet en date du 10 septembre, « Fénoux, receveur à cheval des droits remis à Audierne est nommé receveur des droits d’octroi. »
Ce fut une vie bien remplie au service de la collectivité, ses différentes responsabilités en témoignent, il jouissait très certainement d’une grande estime et de la confiance de ses pairs. Il décéda à Audierne le 11 Mai 1823.

Trois de ses fils laisseront une trace dans l’histoire :

Barthélemy Marie Constant Fénoux

Il sera officier de marine, lieutenant de vaisseau, chevalier de l’ordre royal de la légion d’honneur le 25 avril 1844 et épousera Marie Clolus, sans descendance connue,
Il entre au service de l’empire en 1803 et restera dans la marine pendant  vingt ans et six mois. Il aura aussi navigué au commerce pendant cinquante trois mois.
En rade de Brest, il n’hésite pas à se jeter à la mer, par gros temps, pour sauver le patron d’un canot du vaisseau l’Océan, tombé à l’eau. Après avoir en 1809 servi sur le Jean Bart en qualité d’aspirant, il fut blessé à la figure d’un coup de feu le 21 septembre 1811 dans le combat que soutint la prame « La Ville de Mayence » contre une frégate anglaise devant Boulogne. Il était alors second de ce bâtiment. Il commanda ensuite du 1er septembre au 7 janvier 1814 la goëlette n°19. Puis il sert ensuite sur le « César ».
A sa retraite, il se retirera à Antrain en Ile et Vilaine.

Julien Joseph hippolyte Fénoux « l’inventeur », frère du précédent
Mat Pilote Fenoux

Mat Pilote Fenoux

Capitaine de Corvette, son nom figure sur une plaque commémorative apposée sur le sémaphore d’Audierne, près du môle du Raoulic à l’entrée du port. Hiver comme été, la promenade à pied jusqu’au phare du Raoulic fait partie des habitudes des Audiernais et ils passent donc devant le sémaphore qui leur rappelle l’intéressé et son mât des pilotes dit « mât Fénoux » qui fait de lui le plus connu des Fénoux. S’il existe en divers lieux de nos côtes des rues ou chemin du mât Fénoux, aucune ne porte le nom de Julien Fénoux qui n’est honoré qu’à travers son invention.
Le 25 juin 1839, en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires, l’invention du Capitaine de Corvette Fénoux était expérimentée en grandeur nature à Port Louis au pied de la citadelle. Le mât, d’une hauteur de douze mètres, dominant la rade de Lorient, indiquait par signaux optiques à l’aide d’une aile triangulaire, d’une boule noire et d’un drapeau rouge orientables,  les consignes aux navires pour pénétrer dans le port.
Grâce de ces signaux, on indiquait aux bateaux :
– la route à suivre,
– les directions pour atteindre le mouillage,
– les manœuvres pour attendre une hauteur d’eau suffisante,
– l’obligation de chercher le large si les conditions le réclament,
– le moyen de prendre un mouillage.
L’expérience fut concluante et le Conseil Général du Morbihan l’adopta et le recommanda au Gouvernement. Le Conseil Général du Finistère, convaincu de son intérêt, en fit installer un à Audierne près du couvent des Capucins, dominant l’entrée du port. La construction sera terminée en juin 1841, mais le mât ne sera mis en service qu’en décembre 1843 (4).
En mars 1841, le Ministre de la Marine chargea une commission d’en étudier le bien fondé. Cette dernière émit un avis très favorable en fonction des résultats positifs de Port Louis et d’Audierne et décision fut prise d’en étendre l’utilisation. C’est ainsi que Saint-Nazaire, Clohars-Carnoët, Bayonne et Etel (toujours en service) suivirent l’exemple d’Audierne et Port Louis.
Julien Fénoux restera célibataire. Par décret du 10 avril 1832, il sera nommé chevalier de la Légion d’honneur. Il était déjà, depuis le 6 novembre 1827, Chevalier de Saint-Louis.
Il décèdera à Lorient le 13 juillet 1847 et sera enterré à Audierne.

(4)La date de 1840 qui figure sur la plaque de bronze apposée sur le sémaphore du Raoulic ne correspond à aucun événement significatif.
L’invention de Julien Fénoux date du 17 janvier 1832. L’expérimentation à Port Louis du 25 juin 1839. L’installation du 1er mât à Audierne de juin 1841, sa mise en service de décembre 1843. Le mât Fénoux sera ensuite déplacé dans le sémaphore actuel au bout du môle à la fin de 1882.
Source Eric Bienfait.

Rémy Marie René Fénoux, le Vice-Consul d’Espagne, frère des deux précédents.

Officier dans l’armée (de terre), officier de l’ordre impérial de la légion d’honneur, chevalier de l’ordre militaire de Saint Ferdinand d’Espagne et du Christ du Portugal
Commandant le dépôt du Finistère
Il prend sa retraite en 1858 et se retire à Brest. Il devient alors vice-consul d’Espagne.
Il décède le 10 juillet 1874 et est enterré  à Audierne.

Epoux d’Angélique Marie Josèphe Le Coustre, dont un fils, Victor.

 

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