La chapelle St They

Les Clédinois(es)

Symbole du Cap-Sizun elle surplombe la mer à quelques mètres seulement des falaises vertigineuses de la pointe du Van.

Autrefois, lors des pardons, les procession faisaient le tour de l’enclos mais en prenant soin de border la falaise d’un tour de mottes coupées sur la lande voisine afin d’éloigner le mauvais sort.

Édifice de plan rectangulaire dominant la Baie des Trépassés. Il a été entièrement rebâti au XVIIème siècle et restauré au XIXème siècle. En 1612, l’on reconstruisit le pignon oriental, en 1636 le chœur, en 1668 une partie des murs, enfin en 1674 le pignon occidental et le clocher. Ainsi terminé, il comprend une vaste nef de trois travées avec bas-côtés. Porche assez semblable à celui des Trois-Fontaines de Gouézec mais accolade plus aplatie, tympan perforé et colonnes en spirales.
Le maître-autel datant de 1632 est l’ancien de l’église paroissiale. Siège du célébrant en bois sculpté du XVIIème siècle (classé). À l’intérieur, statues de Sainte Barbe et de Saint Roch (classées) Saint They, Saint Laurent (ou Matthieu ?) Saint Collodan, Saint Paul, Christ en Croix XVIIème siècle.
Panneau d’albâtre anglais représentant le Christ ressuscité montrant ses plais (classé). Des chandeliers en bois sculpté et peint du XVIIème siècle (classés). Ex-voto : un trois-mâts.
Près de la chapelle, subsiste la fontaine dédiée à Saint-They, refaite en 1680. Celle de Saint Mathieu a été remontée après avoir été démolie lors du remembrement des terres.
Deux croix de granit : la première, mutilée, porte une statue géminée datant de 1630. La seconde, monolithe, porte sur le socle la date de 1740.

Histoire de la chapelle

Chapelle St They

Chapelle St They

L’édifice a été construit à l’emplacement même d’une autre chapelle qui tombait en ruine, cette autre chapelle ayant elle même remplacé une autre située plus en avant (d’après la tradition).
La chapelle de Saint They est la plus vaste des chapelles de Cleden, son maître-autel en bois sculpté provient de l’église paroissiale, son clocher a supporté de nombreuses cloches dont une née d’un échange avec celle de Langroas.
Un couplet d’un vieux cantique à St They, exprime à la fois la crainte de voir la chapelle enloutie dans les flôts de la baie des Trépassés et le souhait de la voir tenir contre les éléments qui la menacent, telle une fiure de proue sur l’étrave de la Pointe du Van.

Ra jomo pell c’hoaz en e za
Ar chapelig var ribl ar mor
Ma c’hello sant They divar e zor
welet ar bageier o treiza…

Que demeure longtemps encore debout
La petite chapelle au bord de la mer
Afin que puisse St They depuis sa porte
Voir les bateaux passer…

Fontaine de Saint They

Fontaine de Saint They

Aujourd’hui, la chapelle Saint-They, classée monument historique fini sa restauration grâce à une association et elle promet de défier encore longtemps les embruns et les fortes tempêtes du Raz.

Les pardons à Saint-They

Le Raz de Sein

Le Raz de Sein

Autrefois, quatre pardons avaient lieu à Saint-They : le dimanche qui suivait la fête de Saint Roch, le dimanche qui précedait la fête de Saint Mathieu, le second dimanche de mai et le grand pardon, le premier dimanche de juillet.

A ce dernier se rendait tout le Cap-Sizun mais également certains du pays bigouden, de Quimper et d’au-delà car la réputation du saint s’étendait à toute la Cornouaille. La procession de l’île de Saint débarquait au Vorlen, celle de Cleden se rendait à sa rencontre le long de la falaise et, après accolade des croix, elles revenaient de concert à la chapelle. La nuit de veille de pardon, la foule campait autour de la chapelle, sur la lande nue et l’on découvre encore parfois des liard tournois, à l’éffigie de Louis XIII, témoins de ces temps aujourd’hui révolus…

Désormais ne subsiste qu’un seul pardon à Saint-They, celui-ci se déroule le 1er dimanche de juillet…

La légende de Conomor

Port abri du Vorlen

Port abri du Vorlen

Cruel et sans pitié ce Barbe-Bleue Breton obtint, de sa femme Tryphine, deux fils: They et Trémeur. Un jour, pris d’un soudain excès de rage, il decapita ceux-ci…
They et Tremeur prirent alors leur tête sous le bras et rejoignèrent un canot qui les attendait à la cote. Saint They, voulant disposer de ses deux mains pour manoeuvrer la frèle embarcation, remis sa tête à son emplacement originel et, par miracle, celle-ci repris immédiatement vie. Par contre, St-Tremeur, gèné par le vent et les vagues, ne parvint pas le même exploit que son frère*.
Leur traversée se termina à Porz ar Zent (le port aux saints), une petite anse du Cap Sizun.

La légende St They

On prétend que la cloche de la chapelle St-They sonnait d’elle-même pour avertir les barques en danger, de se mettre sous la protection du saint.
Un jour, la flotte du roi de France était poursuivie par une flotte ennemie. La cloche se mit à tinter. L’amiral de France répondit à cet appel et dirigeat ses vaisseaux dans la Baie des Trépassés, au pied de la falaise sur laquelle est érigée la chapelle. L’ennemi voulut les y suivre, mais un courant contraire prit ses navires et les entraîna dans le Raz où plusieurs frappèrent les éccueils, les autres furent dispersés au large.

Histoire de Saint They

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Cléden-Cap-Sizun

On sait peu de choses sur son histoire, si ce n’est qu’il vécu au VIème siècle et qu’il fût disciple de St Guenole fondateur de l’abaye de Landevennec. St They est connu en Grande-Bretagne, dans le Cornwall, sous le nom de St Day. Il a donné son nom à Lothey, (formé du breton Lok: « lieu consacré » et de They), près de Chateaulin. Des chapelles portent son nom a Saint-Segal, Riec, Plouhinec, Poullan.
La forme primitive de son nom est Dei, la pronociation bretonne a fait muter le D en T. Il s’écrit encore: Dey, Tei, Tey, Thei.

 

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